Birds of prey n’a de fantabuleux que le nom

par Guilhem De Grenier

Birds of prey (ou la fantabuleuse histoire d’Harley Quinn) est un film, sorti en 2019 et réalisé par Cathy Yan. Autant vous le dire d’emblée, ce n’est pas vraiment une réussite. A tous les points de vue, il n’y a pas grand-chose à sauver du métrage. Et pourtant, il y avait de quoi faire un bon film. Mais quand rien ne va, le résultat est tout simplement à la hauteur du relatif échec commercial et critique du film.

Genre : Action / Aventure
Date de sortie : 05 février 2020
Créateurs : Cathy Yan
Acteurs: Margot Robbie, Ewan McGregor, Mary Elisabeth Winstead, Rosie Perez, Jurnee Smollett-Bell…
Public : Interdit aux moins de 12 ans

De quoi ça parle ?
Lorsque Roman Sionis, l’ennemi le plus abominable de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s’en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n’a d’autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman.

Fantabuleuse, vraiment ?

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce Birds of prey est assez mauvais. À tous points de vue. Il n’y a rien ou presque qui vaille vraiment la peine de s’infliger cette tentative de surfer sur le récent succès de DC au cinéma. Curiosité peut être ? C’est aussi ce qui m’a poussé à tenter l’aventure. Mais je vous le dis d’emblée, soyez prudents avant de la tenter, vous pourriez bien perdre un peu plus d’une heure et demie. Margot Robbie en Harley Quinn déjantée ? A la rigueur, mais après une petite heure de film, on commence à s’ennuyer devant les pitreries surjouées et la descente aux enfers de l’ex-compagne du Joker. La promesse d’une équipe badass d’héroïnes ? Clairement aux abonnés absents dans ce film. Autant pour l’équipe que pour le côté badass. Ewan McGregor en antagoniste du film ? Non, vraiment pas.

Globalement, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. À part peut-être la performance de Bruce qui crève l’écran ! Eh non, on ne parle pas de CE Bruce. Non, Bruce, la hyène d’Harley Quinn. L’un des seuls points positifs du film. Et pourtant, il y avait de quoi faire un film sympathique. Jamais exceptionnel avec un tel scénario, mais au moins sympathique. Finalement, c’est sans aucun intérêt.

Y-a-t’il un méchant pour sauver le film ?

D’emblée la réponse est non. Très clairement le Black Mask porté par Ewan McGregor peine franchement à convaincre. Et ce, pour plusieurs raisons. La profondeur du personnage déjà. Alors que l’univers DC regorge de vilains profonds et complexes, c’est Black Mask qui a été choisi pour servir d’antagoniste à la joyeuse bande des Birds of prey. Un choix comme un autre, mais très franchement, on sent que McGregor n’y croit pas non plus. Ses motivations sont plates, sa façon d’agir erratique, bref là non plus, rien ne va. Mais cette platitude aurait pu être relevée par le bras droit de Black Mask, Victor Zsasz, l’un des tueurs les plus fous de Gotham. Et là aussi, tout retombe à plat, rien ne marche. Chris Messina ne rentre que très peu dans son personnage et le rendu est fade. Dommage car il y avait de quoi faire une nouvelle fois.

Je me suis rapidement rendue compte que toute la ville en avait après moi. À commencer par Sionis.

Harley Quinn / Birds of prey

Et les Birds of prey dans tout ça ?

Eh bien c’est principalement là où le bât blesse. Elle n’existent pas vraiment. Elle n’apparaissent ensemble que quelques instants dans la totalité du film. Quelques frêles minutes durant les quelles on peine à comprendre ce qui les rassemble, ce pourquoi elles se battent ou finalement l’intérêt de ce film. Margot Robbie ne suffit pas à redresser la barre et en fait beaucoup trop, même pour incarner Harley Quinn.

De plus, le titre complet du film fait état de l’histoire d’Harley Quinn. De son émancipation même en anglais. Mais il n’en est rien. Son histoire n’avance pas, au contraire. Et pour ce qui est de son émancipation, nous vous laisserons juger mais il est très clair qu’en misant sur Harley Quinn plutôt que sur les Birds of prey, DC a plutôt tenté de sauver les meubles pour éviter la catastrophe industrielle que de donner un sens réel au film.

Au final ça donne quoi ?

Restent quelques références plus ou moins saupoudrées de ci de là à travers le film qui donnent très vaguement l’impression d’un univers DC cohérent. Ces quelques touches tendent à légitimer le film et à le faire s’intégrer quelque part. À lui donner un sens en somme. Mais on a plus l’impression d’être dans l’esprit dérangé d’Harley Quinn qui serait sans dessus dessous que dans un film qui tenterait de raconter quelque chose.

Les Birds of prey sont un concept plutôt qu’une raison d’être et le tout est très passable. L’attrait de faire un film avec une bande de femmes qui corrigent leurs adversaires masculins musclés (si si, un passage le montre clairement) était certainement trop grand pour DC qui a tiré l’une de ses dernières cartouches après le succès retentissant de Joker. Reste à voir ce que donneront le prochain Wonder Woman et les futurs Flash et Batman mais ce Birds of prey est affligeant.

Vous devriez aimer :

  • Justice League
  • Suicide Squad
  • Shazam !

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1 Commentaire

Samantha 20 avril 2020 - 19 h 19 min

J’avais hésité à aller le voir mais ta chronique m’a confirmé que ce n’était pas la peine ! Je pense le regarder en redif du coup… Histoire d’être à jour !
Merci pour ton retour !

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