Her, une ode magnifique à la solitude

par Guilhem De Grenier

Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams, Rooney Mara, Chris Pratt, Olivia Wilde… Un casting impressionnant pour un métrage oscarisé de Spike Jonze qui célèbre la solitude dans ce qu’elle peut offrir de plus beau. Un rôle à la mesure du talent de Joaquin Phoenix qui impressionne et nous fait nous questionner sur notre place dans le monde. Frissons garantis…

Genre : Anticipation / Romance
Date de sortie au cinéma : 12 octobre 2013 (US) et 19 mars 2014 (France)
Réalisateur : Spike Jonze
Acteurs: Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Rooney Mara, Olivia Wilde, Chris Pratt
Public : Tous publics

De quoi ça parle ?
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de « Samantha », une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

A l’écriture de ces lignes je m’interroge. De quelle manière résumer Her et décrire ce qu’il peut provoquer chez le spectateur ? Ce qu’il a pu provoquer chez moi à chacun de mes visionnages. Comment imaginer, sans diminuer sa portée éminemment poétique et philosophique, une façon de rendre compte du voyage qu’il propose. Car ne vous y trompez pas, pour peu que vous fassiez le premier pas et que vous vous laissiez porter, Her vous fera voyager. Chacun à votre façon. Personnellement. Presque intimement…

Une réussite totale

Mais avant d’en venir à l’émotion, retour sur le film. Her est un film de Spike Jonze, sorti en 2013 avec Joaquin Phoenix et Scarlett Johansson dans les rôles principaux. Enfin simplement la voix de cette dernière. Eh oui, si vous vous attendiez à voir l’actrice dans ce film, il est encore temps de faire demi-tour. De la même manière, si vous n’appréciez pas l’excellent Joaquin Phoenix, il est encore temps de rebrousser chemin car pour ne rien vous cacher, il est présent partout, tout le temps. Mais Johansson aussi. Et c’est là toute la beauté de Her. Jamais une actrice absente visuellement d’un film n’a été aussi présente et si forte. Jamais l’absence visuelle n’a autant servi le propos d’un film.

Tant esthétiquement que dans son message, Her est un réussite totale à tous les niveaux. Joaquin Phoenix y est magistral et campe un homme qui peine à passer à autre chose après une rupture difficile. Il occupe ses journées à écrire des lettres pour ceux qui ne savent plus quoi écrire à leurs proches et vit dans une mélancolie quotidienne dans laquelle il s’enfonce un peu plus chaque jour. Il fait alors la « rencontre » de Samantha, une intelligence artificielle avec qui il noue une relation de plus en plus profonde. Et Samantha n’est autre que la voix de Scarlett Johansson. Que cette voix est inoubliable.

Là il m’est venu cette terrible pensée : Est-ce que ces sentiments sont seulement réels ou ne sont-ils que de la programmation ? Et cette idée me fait vraiment mal.

Samantha / Her

Voyage au bout de la solitude

Outre la relation évidemment difficile entre un humain et une intelligence artificielle dématérialisée (présente à travers une oreillette et un petit écran) qui nous fait nous questionner sur notre relation aux nouvelles technologies, Her interroge sur un sujet bien plus profond encore. La solitude. Comment vivre lorsque l’on se sent seul et différent ? Comment passer à autre chose après une rupture difficile ? Et que l’on y soit sensible ou non, on ne sort pas indemne de ce questionnement.

Les plans rapprochés sur Phoenix ou les conversations entre Samantha et Théodore (le personnage de Phoenix), l’esthétique est léchée et tout est fait pour que l’on ressente la solitude profonde de Théodore. Qu’on la vive. Au plus près de ce qu’il ressent et de son quotidien. Que l’on ait presque de la peine à le voir se débattre dans un monde qu’il semble plus hanter qu’arpenter de son vivant. Puis, il y a la rencontre. Les rencontres. L’amour. Impossible. Fou. Mais cet amour est bien réel. Ou pas, mais ça c’est à vous de voir.

Her est épuré, presque minimaliste et son approche est presque celle d’un documentaire à l’image de Jim et Andy, une autre très belle production de Jonze. Je n’en dis pas plus, c’est maintenant à vous de vous faire une idée sur un métrage unique en son genre qui mérite franchement le détour. Que vous aimiez les histoires d’amour teintées d’amertume à la Eternal sunshine of the spotless mind ou les instantanés d’un futur parfois peu reluisant à la Black mirror, Her est définitivement fait pour vous.

Vous devriez aimer :

  • Eternal sunshine of the spotless mind
  • Black mirror
  • 2046

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1 Commentaire

Juliette 21 avril 2020 - 20 h 26 min

Je suis complètement passée à côté de cette sortie mais ta chronique m’a convaincue de me rattraper !
je vais essayer de le trouver en VOD 😉

Réponse

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