Lost, l’apogée de l’âge d’or des séries

par Guilhem De Grenier

Attention ovni. Il y a maintenant plus de quinze ans, Lost, les disparus changeait le paysage télévisuel mondial à tout jamais. Une série que je prends plaisir à revoir tous les ans depuis son arrêt en 2010 après six saisons haletantes. Lost, c’est une révolution toujours d’actualité, une galerie de personnages extraordinaire et un univers riche qui vaut vraiment la peine que l’on s’y plonge. Décollage immédiat…

Genre : Aventure / Fantastique / Science-Fiction
Date de diffusion : De septembre 2004 à mai 2010
Créateurs : J.J Abrams / Damon Lindelof / Carlton Cuse / Jeffrey Lieber
Acteurs: Matthew Fox, Evangeline Lily, Terry O’Quinn, Josh Holloway, Jorge Garcia, Naveen Andrews…
Public : Tous publics

De quoi ça parle ?
Le vol 815 de la compagnie Oceanic Airlines, reliant Sydney à Los Angeles, explose en plein vol au-dessus d’une île du Pacifique non répertoriée sur les cartes. Le cockpit, l’avant ainsi que la queue de l’appareil tombent en des endroits différents de l’île, où les survivants vont apprendre à cohabiter et survivre. Dès les premiers jours, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls sur ce bout de terre, qui est le théâtre d’événements étranges…

Live together, die alone

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, Lost est pour moi une série à inscrire au panthéon des séries un jour diffusées. Ainsi, si les lignes qui suivent sont subjectives, ne vous étonnez pas, c’est normal. Si vous êtes toujours là, venons-en à parler de ce feuilleton unique en son genre dans la télévision.

Flashback. Nous sommes le 22 septembre 2004. L’Amérique post 11 septembre panse ses plaies et s’apprête à assister à une révolution télévisuelle de masse. Ce soir là, un œil s’ouvre, celui de Jack Shephard échoué sur une île après le crash de son avion. Ce soir là, des millions de téléspectateurs sont scotchés devant leur télévision à attendre de voir ce qu’il adviendra des survivants de l’Oceanic 815. Mais Lost est bien plus que le simple récit d’un groupe de survivants… Une complexité qui a fait son succès et qui en fait un programme toujours aussi culte 15 ans après.

Flashbacks et Flashforwards

Si Lost est une révolution, c’est en partie grâce à sa narration extraordinaire faite de flashbacks (retours en arrière), de flashforwards (avances rapides) et même de flash-sideways (aperçus d’une réalité alternative). Ça paraît un peu compliqué dit comme ça, mais c’est assez brillant. Comment rendre intéressante l’histoire de dizaines de passagers échoués sur une île et qui cherchent à en partir ? Jeffrey Lieber, J.J Abrams et Damon Lindelof, les trois créateurs de la série, ont trouvé la solution. Il s’agit tout simplement de raconter l’histoire de personnages au passé riche quoique parfois un peu trouble et de revenir sur ce qu’ils faisaient avant de s’écraser sur l’île.

Et pour cela, on offre aux téléspectateurs des tranches de leur « vie d’avant », de ce qu’ils étaient dans le monde de 2004. On trouve pèle mêle un chirurgien, une rock star sur le déclin, un arnaqueur, une fugitive et un vendeur de boites. Si tout sur l’île est remis à zéro, chacun d’entre eux traîne un lourd bagage et offre une profondeur inédite au récit. Mêlez à tout cela un univers vaste et une bonne dose de science-fiction et vous avez la recette de Lost. Ou presque. Puis dès la saison 4, interviennent les flashforwards. Ces incursions dans le futur de certains personnages qui changent encore la dynamique du récit pour le complexifier et le densifier. Enfin, les flash-sideways de la dernière saison font coexister deux réalités parallèles et offrent au spectateur une alternative à des événements connus. Magistral dans le fond comme dans la forme.

Il marche avec nous mais ce n’est pas l’un des notres

Jack Shephard / Lost, les disparus

Des niveaux de lecture plus profonds

L’histoire de Lost est un chef d’œuvre narratif : les ficelles scénaristiques sont bien amenées et le tout forme un mélange exceptionnel. Mais ce n’est pas pour autant que le fond de la série sonne creux comme les nombreux bambous de l’île. Loin de là. Les références culturelles de Lost sont très nombreuses et offrent à voir un niveau supplémentaire de lecture à la série qui révèle encore des secrets à chaque visionnage. Chez les noms des personnages d’abord. On s’interroge au premier nom étrange que l’on entend et l’on se demande s’il s’agit d’une coïncidence lorsque le nom de John Locke est évoqué. Car John Locke est aussi le nom d’un philosophe anglais du 17e siècle. Mais par la suite, cela continue avec Desmond Hume, une allusion à peine cachée à David Hume ou encore Jeremy Bentham. Autant de noms de philosophes célèbres évoqués ici comme les témoins de la joute philosophique qui se trame entre les personnages.

De culture en pop culture

Outre ces allusions philosophiques, la littérature et la culture en général occupent une place importante dans le traitement des intrigues secondaires de Lost. En effet, entre les références à Des souris et des hommes ou à Sa majesté des mouches, et l’influence évidence de Stephen King sur la série, Lost est un concentré de littérature. Mais de musique également. Que dire de Drive Shaft, ce groupe de Manchester au cœur duquel deux frères se déchirent sur fond de drogue ? Une allusion à peine masquée à Oasis, en pleine séparation à cette époque. Ou du code à taper dans la station sous-marine ? Les notes de Good Vibrations des Beach Boys. La culture et les références sont partout et on se plaît à les déchiffrer une à une pour savourer encore mieux la profondeur du récit.

Alors, ça se regarde ?

Alors oui, dans sa globalité, Lost n’est pas exempt de défaut. Oui certains effets spéciaux ont vieilli. Oui, à trop vouloir en faire on se perd dans certains arcs narratifs plus ou moins utiles. Mais que ces atermoiements sont peu de choses face à la grandeur de la série. Aux portes qu’elle ouvre dans l’imaginaire. À celles qu’elle enfonce dans notre perception de la narration moderne. La pop culture actuelle doit beaucoup à Lost. Mais l’inverse est aussi vrai.

Pour faire simple, Lost est une œuvre totale et que vous ayez fait partie des fans de la première heure ou que vous y soyez venus plus tard, vous pourrez la savourer et en profiter. Avec des personnages que vous apprendrez à aimer, d’autres que vous détesterez sûrement, mais une chose est sûre : cette série ne devrait pas vous laisser indifférents.

Vous devriez aimer :

  • The I Land
  • Flashforward
  • Seul au monde

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