Noires sont les galaxies, la science-fiction à la française

par Guilhem De Grenier

Sortie dans les années 80 et rééditée en DVD, Noires sont les galaxies est une série de science-fiction française qui peut se targuer d’être l’une des seules représentantes de son genre dans l’hexagone. Un ovni méconnu du grand public mais qui a laissé une trace indélébile dans l’esprit de tous ceux qui l’ont vu. Une série qui mérite franchement que l’on s’y attarde quelques heures.

Genre : Science-Fiction / Horreur
Date de sortie : 15 mai 1981
Créateurs : Jacques Armand et Daniel Moosman
Acteurs: Richard Fontana, Catherine Leprince, François Perrot, Catriona MacColl, Jacques Bouanich…
Public : Interdit aux moins de 12 ans

De quoi ça parle ?
Le conflit intersidéral entre deux espèces extraterrestres prend racine sur Terre sur fond de possession de corps ou de cadavres. Patrick et Coretta essaient de démêler le vrai du faux et de survivre dans une France devenue hostile. La guerre se joue dans le plus grand secret mais les révélations que vont découvrir les héros de cette série d’une noirceur inédite iront plus loin que leur seule personne et bientôt, les enjeux seront planétaires…

Nous sommes en 1981, sur Antenne 2…

Noires sont les galaxies. Rien que le nom fait voyager. Frissonner. Il ne laisse pas indifférent. Et il en va de même pour la série. Revenons en arrière quelques instants. Nous sommes en 1981 et la France va élire François Mittérand. Le paysage audiovisuel français est relativement pauvre et l’on assiste impuissants à l’arrivée massive de Dallas sur les écrans de télévision hexagonaux. La France de son côté n’a jamais vraiment fait grand-chose du côté de la science-fiction à la télévision. Quand en mai, sur Antenne 2 (ça ne rajeunit pas), arrive un véritable ovni : Noires sont les galaxies.

Au bout de l’angoisse

Noires sont les galaxies est vraiment une réussite, par son scénario d’abord, mais aussi par l’ambiance qu’elle parvient à retranscrire. Une noirceur, une angoisse et un pessimisme rarement revus à la télévision. Le côté anxiogène et les enjeux du combat qui se joue dans l’ombre entre les deux espèces extraterrestres sur fond d’humanité perdue font de cette série un véritable modèle d’angoisse et l’on se met à avoir peur dès lors que des yeux brillent dans le noir. La série a vieilli, c’est vrai, mais la peur qu’elle instille, elle, n’a pas pris une ride.

C’est d’ailleurs cette angoisse, alors que la série était diffusée lors du premier tour des élections présidentielles de 1981 qui a largement influencé sa réception auprès du public. La série, ancrée dans un pessimisme noir n’est jamais vraiment passée à la postérité. Ce n’était certainement pas le moment. Mais ce timing en fait aujourd’hui un écrin d’avant-gardisme qui n’a pas à rougir face à ses consœurs anglo-saxonnes.

Une Terre polluée par les humains

Comment imaginer une science-fiction à la française et raconter une histoire cohérente en seulement quatre épisodes. C’est le pari de Noires sont les galaxies. Une guerre intergalactique, une race dominante, une race ayant fui la première, un humain qui tente de démêler le vrai du faux et de survivre au milieu. C’est en somme l’histoire de cette série, pleine de rebondissements jusqu’au tout dernier plan qui offre un dénouement assez spectaculaire et une fin très ouverte, encore une fois avant-gardiste pour l’époque. L’idée de la pollution de la Terre par les humains qui influence la guerre que se font deux races extraterrestres est aussi assez géniale pour les années 80 qui vantaient plutôt les mérites de l’exploitation du pétrole et les grosses voitures à la télévision.

L’humanité au centre du conflit

Et la place de l’humain dans la série ? Eh bien elle n’est pas resplendissante. De vente de cadavres en pollueurs invétérés, la vision de l’action de l’humanité sur la planète dans Noires sont les galaxies est très pessimiste et serait plus adaptée à des séries contemporaines qu’aux années 80. Toutefois, Patrick, le héros de la série enquête malgré tout et découvre une partie de la vérité sur ce qui se trame, redorant quelque peu le blason de l’humanité. Mais dans Noires sont les galaxies, la Terre sert plus de lieu neutre entre les deux espèces, et les humains de réceptacles plutôt que d’acteurs actifs dans le conflit.

Ainsi, on peut voir une allégorie de l’humanité qui cannibalise sa planète dans ces espèces (végétales qui plus est) qui envahissent peu à peu la Terre. Rien n’est épargné aux humains (quelques scènes peuvent d’ailleurs surprendre, même aujourd’hui par leur graphisme assumé).

En somme, Noires sont les galaxies est peut-être sortie trop tôt. Elle était peut-être trop pessimiste. Mais aujourd’hui, malgré le vieillissement de quelques scènes, la série reste un grand classique du genre et une source d’inspiration pour nombre de productions actuelles. A voir absolument !

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1 Commentaire

Thomas 20 avril 2020 - 23 h 02 min

Un classique ! Bien quel mal vieillie sur la forme, le fond reste tellement d’actualité.

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